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mardi 26 juillet 2011

Hymne de guerre de la mère tigre (ce n'est pas de moi...)

Bon, faut que je vous parle d'Amy Chua et de son livre qui m'a tenue en haleine ces cinq derniers jours: 


C'est un peu l'opposé de Comment ne pas être une mère parfaite ou l'art de se débrouiller pour avoir la paix, de Libby Purves, mais c'est tout aussi succulent.



Ah! ça faisait longtemps que je n'avais plus été à ce point attrapée par un bouquin! J'ai corné des pages, j'ai lu debout en poussant le petit dans sa poussette, j'ai veillé plus tard. J'ai énormément ri. J'ai eu un moment d'angoisse et de tristesse. Et je me suis fort interrogée sur la meilleure façon d'élever un petit humain.


Alors, pour la traduction en français, il faudra encore attendre un an (merci Gallimard...). Par contre, c'est déjà traduit en espagnol, allemand, néerlandais, italien et portugais, entre autre.

Avec son Cri de guerre d'une mère tigre, Amy Chua a créé une super polémique. Parce que cette professeure de droit de Yale, sino-américaine mariée à un Juif américain et mère de deux adolescentes, fait des généralités sur les mères chinoises et les parents occidentaux qui se résument bien dans l'extrait suivant:

"... I've noticed that Western parents are extremely anxious about their children's self-esteem. They worry about how their children will feel if they fail at something and they constantly try to reassure their children about how good they are notwithstanding a mediocre performance on a test or a recital. In other words, Western parents are concerned about their children's psyches. Chinese parents aren't. They assume strengh, not fragility, and as a result they behave differently. For example, if a child comes home with a A-minus on a test, a Western parent will most likely praise the child. The Chinese mother will gasp in horror and ask what went wrong." (p. 51-52)

Une polémique, parce qu'elle décrit et justifie son modèle autoritaire d'éducation en cherchant à (se) convaincre de sa supériorité par rapport au modèle dépravé et laxiste des Nord-Américains. Parce qu'elle donne une image d'elle et des relations avec ses filles très dure, faites de brimades et de violence psychologique, de chantage, de manque total de compassion et de culte hystérique de l'excellence. Sauf pour ses chiens car ce qui est bien avec les chiens, c'est qu'on n'est pas obligé d'avoir de grands projets pour eux et de les doter de compétences pour leur assurer un bel avenir. Les chiens, eux, sont capables de faire les bons choix pour eux-mêmes:

"It didn't upset me that I had revised my dreams for Coco - I just wanted her to be happy. I had finally come to see that Coco was an animal, with intrinsically far less potential than Sophia and Lulu. Although it is true that some dogs are on bomb squads or drug-sniffing teams, it is perfectly fine for most dogs not to have a profession or even any special skills." (p. 109)

Mais les critiques de ce livre, à mon humble avis, ne prennent pas le livre pour ce qu'il est. Ce n'est pas un manuel d'éducation. C'est un auto-portrait excessif, jouissif, plein d'auto-dérision, d'humour et de messages poussés à l'extrême. C'est un journal autobiographique dans lequel l'auteure ne se montre pas sous son meilleur jour (égoïste, frimeuse, sans coeur, loin de l'humilité qu'elle prétend transmettre à ses enfants). Ce travail d'écriture est par ailleurs présenté comme ayant été une forme de thérapie visant à recoller les morceaux d'une famille à la dérive à cause des ambitions et des exigences d'une mère tigre. Il y a beaucoup de vrai là-dedans mais tout est écrit de manière tellement exagérée ou, du moins, de manière tellement drôle et cynique, qu'on ne peut pas prendre ce livre au premier degré. On ne peut néanmoins pas s'empêcher de ressentir un mélange de sympathie et de peine pour ces personnes...

Pas de quoi crier au scandale, donc! Mais vraiment de quoi bien rire. J'ai adoré et je vous le recommande très vivement.

mercredi 13 juillet 2011

Corner view - "Postcards" (Cartes postales)

(English version below)

Le Corner view, c'est un projet de Jane qu'on retrouve pour l'instant sur le blog de Francesca. L'idée est de lancer une thématique chaque mercredi et ceux qui sont inspirés offrent leur "vue" depuis leur "petit coin du monde".

Samedi après-midi dans le quartier du Kreis 5 à Zurich. Enfin, surtout dans deux rues coincées entre les rails de la Hauptbahnhof et les quais de la Limmat : la Josefstrasse et la Konradstrasse. Ou, pour être tout à fait honnête, dans les boutiques de fringues et de design de ces deux rues. C'est fou comme un après-midi passe vite quand on est sans enfant et avec des pulsions de shopping!

Je vous envoie les cartes postales de quelques magasins (plus un autre au centre de Zurich)... Parce que ces magasins sont vraiment sympas et parce que j'aime bien prendre les cartes postales des chouettes magasins.

Le Kreis 5, c'est le quartier industriel devenu très branché. Connu, avec le Kreis 4, pour sa prostitution et ses drogues dans les années 80, son caractère multiculturel et son passé ouvrier (l'emblématique côté obscur de la ville), il est devenu le quartier trendy par excellence. La gentrification fait son oeuvre  (... et la police aussi - et ils n'ont pas l'air commodes, les flics zurichois). Les bad boys et bad girls cotoient à présent des artistes, architectes, designers, musiciens, bo-bos et autres alternatifs et créatifs, dans une ambiance très cosmopolite. Par contre, on se demande que sont devenus les ouvriers d'antan...

Les rues du Kreis 5 sont remplies d'ateliers, boutiques, petites salles d'expo, cafés à quatre tables, vélos, discussions sur le trottoir, dans un joyeux mélange de générations et de nationalités. De la déco vintage aux brocantes de meubles (la fameuse Zürcher Brockenhaus, soeur des Petits riens belges), des vêtements de marque aux créations des étudiants de l'école de la mode et du design, des concept stores à l'artisanat réalisé par les seniors du quartier, des jouets éco-bio aux ustensiles non identifiés pour la cuisine... Il y a tellement de choses à voir et de mouvement dans le quartier qu'un petit annuaire existe (en ligne aussi, bande de veinards!).

Une bonne ambiance, vraiment. Un excellent samedi!

Coup de coeur pour les vendeurs adorables (sur la photo)
de la Senior Design* Factory (http://www.senior-design.ch/



Vestibule, dans le centre de Zurich. Fringues impayables
mais le plus beau salon d'essayage que j'ai vu!

ps: Et que fait-on quand on est sans enfant/ dans des magasins de vêtements/ Belge/ en Suisse? On boit une limonade à la rhubarbe et on achète des T-shirts d'adolescente: du Belgian design et du made in Suisse!


**

Saturday afternoon in the district Kreis 5 in Zurich. Actually, in two streets stucked in between the Hauptbahnhof railways and the docks of the Limmat: Josefstrasse and Konradstrasse. Or, to be really honest, in its boutiques of streetwear and design. It’s crazy how fast an afternoon runs when you are without your kid and with pulsions for shopping !

I send you the postcards of some boutiques (and one other located in the center of Zurich)… Because these boutiques are trully nice and because I like to take postcards of nice shops.

The Kreis 5 is the fashionable industrial neighbourhood. Famous, with the Kreis 4, for its prostitution and drugs issue in the 80’s, its multicultural side and its worker past (the emblematic dark side of the city), it is now the trendiest neighbourhood. Gentrification is working here (… and the police too, since zürcher policemen do not look really sympathetic). Bad boys and bad girls keep company to artists, architects, designers, musicians, bo-bos and other alternative and creative guys, in a very cosmopolitan environment. On the other side, I don’t know what happened to the workers…

The streets of Kreis 5 are full of workshops, boutiques, little galeries, cafés with four tables, bicycles, chats on the sidewalk, in a happy mix of generations and nationalities. From vintage deco to second-hand furnitures (the famous Zürcher Brockenhaus, sister of the Belgian Petits riens), from brand clothes to the creations designed by students from the school for fashion and design, from concept stores to handicraft made by seniors from the district, from eco-bio toys to unidentified instruments for kitchen… There are so many things to see and so much movement there than a small directory exists (on line too, lucky you !)

A good ambiance, really. An excellent Saturday !

ps: And what are we doing when we are without kid/ in streetwear shops/  Belgian/ in Switzerland? We drink a rhubard limonade and we buy a couple of T-shirts for teenager:  Belgian design and made in Suisse!

lundi 13 juin 2011

Le style des hommes

Hier, dans notre enclave belgo-péruvienne en terres zurichoises, nous avons célébré la fête des pères. L'occasion d'offrir un cadeau qui me plaît autant qu'au papa fêté: un bouquin sur les icônes du style masculin (Icons of Men's Style de Josh Sims). Trône enfin dans la chambre un bouquin mââââle (miam miam) à côté de ma littérature de poulette (How to Walk in High Heels (The Girl's Guide to Everything) de Camilla Morton, et The Sartorialist de Scott Schuman, du blog du même nom).


Littérature de poulette qui assène néanmoins quelques grandes vérités  :

"Remember: you can never be too glamorous or have too many heels. Every girl must have at least ten varieties of heel on hand at all times." (How to work...)

"If your escort is shorter than you in your highest heels dump him immediately. Pointless. A pair of Manolos lasts a lifetime, and you shouldn't compromise style for love." (How to work...)

Mais revenons à nos moutons hommes et à leur style puisque, comme le fait remarquer - à tort... - Domenico Dolce (de Dolce et Gabana):

"Women are into fashion, men are into style, style is forever."

Je ne suis pas sûre que vous avez bien vu. Visez-moi ce zoom! Ce regard, ce sourire en coin, cette allure folle... Miam miam, je vous disais !



On y apprend les nuances entre trench (imperméable ou gabardine), par-dessus, manteau, caban, parka, ciré (enfin, pas le ciré jaune ou rouge de notre enfance), duffle coat, blouson, bomber, veste d'aviateur, perfecto et j'en passe. Et les icônes qui reviennent le plus étaient déjà dans mon panthéon de jolis messieurs: Gregory Peck et Steve McQueen (enfin, cela dit, je ne dois pas être la seule...). Je ne résiste pas à l'envie de partager ces charmants minois avec vous.






Et puis celle-ci, trop drôle. J'imagine que ces messieurs auront alors fait autant sensation que les femmes qui ont porté les premières mini-jupes.


Je vous laisse à vos rêveries...

mercredi 1 juin 2011

Corner view - "M is for..." (M comme...)

("non virginal english" version below)


Le Corner view, c'est un projet de Jane qu'on retrouve pour l'instant sur le blog de Francesca. L'idée est de lancer une thématique chaque mercredi et ceux qui sont inspirés offrent leur "vue" depuis leur "petit coin du monde".

M comme...

  
Malena, le tango. Par Adriana Varela ou Roberto Goyeneche.





Malena, l'héroïne du roman d'Almudena Grandes, Malena est un nom de tango. Souvenir d'une lecture complètement absorbante. Destins de femmes (Mujeres), secrets et malédictions familiales, lutte pour trouver où et comment être à sa place, le tout dans les rues de Madrid que je venais de quitter. Après une année décisive à vagabonder de terrasses en parcs, d'auditoires en fêtes, avec ma chère amie M.

Mots.

"Écris. Écris là ce qu’il t’arrive de pire, les choses tellement horribles que tu ne peux les raconter à personne, et écris aussi ce qu’il t’arrive de meilleur, les choses si merveilleuses que personne ne les comprendrait si tu les racontais, écris quand tu sens que tu n’en peux plus, que tu perds pied et qu’il ne te reste plus qu’à mourir ou à mettre le feu à la maison ; cela, ne le dis à personne, mais écris-le dans ton journal, et tu verras, crois-moi, que tu te sentiras soulagée plus vite que tu ne l’espérais. […] Il n’y a pas de monde de rechange, Malena." (Almudena Grandes)




Mallette à souvenirs.


Mémoire. 
Millénium. Des tonnes de mots couchés dans des petits carnets en 2000. Envie d'être ailleurs. Bonheur d'avoir rencontré Mon ailleurs en chair et en os. Plus de cahiers à noircir, depuis.


**

M is for...
Malena, the tango, by Adriana Varela or Roberto Goyeneche.
The main character in Almudena Grandes' novel Malena, the name of a tango (Malena es un nombre de tango). Memories of an absorbing reading. Destinies of women (Mujeres), family secrets and maledictions, struggle to find where and how to be at the right place, all that in the streets of Madrid, which I left few months ago. After a year of going around, from terraces to gardens, from classrooms to parties, with my dear friend M.
Words (sorry, in French, it starts with a M, let's say it's a reverse one).
Millenium. Tons of words laid down in small notebooks in 2000. Desire to be elsewhere. Happyness to have met My elsewhere, in flesh and bones.  No more notebooks, since then. 
Briefcase full of Memories.
Memory.

jeudi 26 mai 2011

Lire, to read, leer

Dans l'ordre de leur apparition dans ma vie, et au risque de faire des oubliés, voici un top de mes auteurs et auteures préférés. En général, quand un de leur roman me bouleverse, j'ai tendance à me plonger dans tous les autres, à la recherche du même sentiment d'admiration totale. Sentiment que je retrouve rarement. Mais j'aime l'idée d'approcher leur Oeuvre et d'y retrouver les mêmes thématiques dominantes, bien que je sois incapable d'y déceler les évolutions ou d'envisager une analyse de l'ensemble (ce qui n'est pas mon but lorsque je lis). Je suis aussi très généralement incapable de me souvenir précisément de l'histoire, des noms des personnages, de l'intrigue ou des détails qui ont fait qu'au moment de la lecture, ce fut impactant. Mais le souvenir des sentiments ressentis, des images de moi lisant partout, n'importe quand, font qu'ils sont mes must, sans hésiter.

Leurs points communs: une capacité très aiguë à décrire les rapports humains (surtout les rapports hommes-femmes), l'engagement politique et le rôle des villes dans la vie des gens. Paris, Madrid, Barcelone, Lima, Santiago du Chili, Antigua au Guatemala, New York, Chicago, San Francisco, Moscou, Saint-Pétersbourg, Edimbourg, Stockholm... Les bouquins n'ont pas leur pareil pour me donner envie de voyager.

J'ai aussi une petite obsession pour le style "chroniques" dans les grandes villes nord-américaines et une fascination hors norme pour ce qui s'y passait pendant les années '70 et '80. Si vous avez des titres à me suggérer, je suis preneuse!

C'est parti:

Simone de Beauvoir: l'auteure de mes 16 ans (L'Invitée) et à mes côtés depuis lors. Avec mon roman préféré, Les Mandarins (deux tomes). Ou la révélation qu'il n'y a pas un seul modèle de vie, d'amour, de couple, de famille, qu'on reste maître de son destin quel que soit le contexte, qu'on peut être heureux lorsque le monde est sens dessus-dessous et qu'au contraire, on peut souffrir lorsque la vie semble tout nous offrir.

Gabriel García Marques: Cent ans de solitude, commencé trop tôt vers 15-16 ans et abandonné, repris vers 20 ans et dévoré avec passion, que je voudrais lire en espagnol... Un souvenir de chaleur, de poussière, de grandes lignées où tous les hommes ont plus ou moins le même prénom. Qui a déterminé beaucoup de fantasmes que j'ai eu sur le continent latino-américain (et qui ont bien été démontés depuis!).

Almudena Grandes: j'en reparle dans le prochain Corner view, patience...

Lucía Etxebarría: première lecture en espagnol, une merveille d'humour (surtout Amour, prozac et autres doutes) et d'écriture féminine et féministe. Tiens, j'ai laissé passer ses derniers romans, faut que je me rattrappe!

Mario Vargas Llosa: mon premier contact avec le Pérou, violent, très violent, puisqu'il s'agissait de Lituma dans les Andes. Qui commence quand même avec l'assassinat d'un couple d'Européens, à coups de pierres par des paysans. Sur fond de croyances ancestrales, d'inégalités, d'incompréhension. Après j'en ai lu d'autres, moins traumatisants! Je reviendrai plus tard sur MVLL comme on écrit dans la presse péruvienne. Péruvien universel (un concept en soi) par excellence, prix Nobel, un dieu vivant ou presque (même s'il déconne un petit peu à l'approche du 2e tour de la présidentielle au Pérou), l'élégant monsieur qui occupe (en espagnol et en français) un grand espace dans notre bibliothèque mérite bien à un billet à lui.

Marcela Serrano: Nosotras que nos amamos tanto, Antigua vida míaEl albergue de las mujeres tristes. Ou le Chili, ses femmes et leurs amitiés sur fond de lutte pour la démocratie, ses lacs et ses montagnes.

Gioconda Belli: La mujer habitada. Ou l'envie de croire qu'il y a quelque chose après la mort, que les êtres qui s'aiment poursuivent leur amour en se réincarnant en fruits et en colibris.

Tolstoï: jamais lu à l'école, j'ai découvert Anna Karenine il y a 3 ans. Somptueux. Le dialogue de la rencontre entre Anna et Vronski dans le train, la tension, les regards, arrghhh, j'en ai encore des frissons. Et puis Kitty et Levine, tellement touchants. Tiens, j'y pense, mais c'est Muriel Barbery et son Élégance du hérisson qui m'ont conduite à eux...

Siri Hustverdt: j'en ai déjà parlé .

Nuala O'Faolain: son précieux Best Love Rosie (d'autant plus précieux qu'il m'a été offert par une amie qui m'a dit "j'ai pensé à toi, ça va te plaire"). Qui m'a donné envie d'avoir déjà 60 ans, de trouver la richesse de la vie en moi, d'avoir une petite maison en ruine au bord de l'eau et qui enseigne qu'il n'y a pas d'âge pour le changement, l'amour, l'amitié et les surprises.

D'autres auteurs ont, à mes yeux, un art d'écrire moins poussé ou rafiné; mais une capacité à conter qui m'a rendue dingue, m'entraînant plusieurs fois jusqu'aux petites heures du matin, me faisant lire debout dans la cuisine en attendant que les pates cuisent, me rendant dépendante et obsessionnelle, monomaniaque : Stieg Larson et Millenium, Camilla Lackberg et les enquêtes d'Erika, Amistead Maupin et ses Chroniques de San Francisco, Frank et Vautrin et Les aventures de Boro, reporter photographe, Donna Tart et Le Maître des illusions, Caleb Carr et L'aliéniste et L'ange des ténèbres

Et puis aussi d'autres bouquins qui m'ont marquée, mais que je n'emporterais pas nécessairement sur une île déserte, même si j'en ai gardé le souvenir d'une lecture heureuse, fascinante :

Jack Kerouac: Sur la route, Les anges vagabonds, Sartori à Paris
Stendhal: Le rouge et le noir
Camus: La peste, L'Étranger
Sartre: Huis clos
Boris Vian: L'écume des jours
Marguerite Duras: L'amant
Barbara Kingsolver: L'arbre aux haricots et Les cochons au paradis (et sa description de la sensation des petits pieds et des petites mains d'un bébé qui s'agrippe à sa mère m'a donné envie de connaître ça).
David Lodge: Un tout petit monde.
Tomas Eloy Martinez: Santa Evita (ou l'histoire de la dépouille d'Eva Perón, complètement dingue).
Alfredo Bryce-Echenique: L'amigdale de Tarzan, Un monde pour Julius (et tant d'autres qui m'attendent...).
T.C. Boyle: America (ou l'injustice et les inégalités marquées dans l'organisation géographique et urbanistique en Californie).
Tom Wolfe: Le bûcher des vanités.
Russel Banks: American Darling (bien que sa description de la sensualité féminine soit complètement à côté de la plaque, genre le gars qui prend ses fantasmes pour la réalité).

Parmi les bouquins que je n'ai pas pu finir (La guerre et la paix étant hors jeu vu que je VAIS le terminer):

American Psycho de Brett Easton Ellis: au moment où il décrit comment on arrache un oeil, je me suis dit qu'il était temps d'arrêter les nausées! Cela dit, on y trouve un dialogue hallucinant sur des cartes de visite et des descriptions minutieuses de fringues, chaussures, bretelles, etc. d'un Golden boy de Wall Street dans les '80. J'ai ressenti aussi un drôle de malaise en lisant Lunar Park (complètement délirante, cette fiction) mais j'ai tenu jusqu'à la fin (hyper décevante cela dit). Les lois de l'attraction et Moins que zéro m'ont bien plu, par ailleurs.

Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes Russes, de Gary Shteyngart. Arrêté par paresse, abandonné pour un autre, jamais repris tandis qu'il prenait la poussière. Pourtant, je crois que c'est vraiment drôle. Je vais réessayer.

Bon, bien entendu, je suis sûre d'avoir oublié plein de bons bouquins. Je vous préviens si je me souviens d'autres bonnes lectures!

Et bonne journée à vous.

(dans mes oreilles: Pure FM online, car la RTBF est en grève
et il n'y a que de la musique, génial!)

mardi 17 mai 2011

V comme ...

Violet.

"Violet n'avait alors que vingt-sept ans, et elle était encore plongée avec passion dans la rédaction de sa thèse sur les femmes mortes depuis longtemps dont la folie se traduisait par des crises violentes, des membres paralysés, des stigmates, d'irrépressibles besoins de se gratter, des poses lascives et des hallucinations. Elle appelait les hystériques "mes adorables folles" et les citait négligemment par leurs noms, comme si elle les avait rencontrées depuis peu dans le service et voyait en elles des amies ou, au moins, des relations intéressantes. Contrairement à la plupart des intellectuels, Violet ne faisait pas de distinction entre le cérébral et le physique. Sa pensée semblait circuler dans son être tout entier comme si réfléchir avait été une expérience sensuelle. Ses gestes suggéraient chaleur et langueur, un bien-être paisible dans son propre corps. Elle était toujours en train de s'installer plus confortablement. Elle se lovait dans les fauteuils, ajustant son cou, ses bras et ses épaules. Elle croisait les jambes ou en laissait une se balancer par-dessus le bord d'un canapé. Elle avait tendance à soupirer, à respirer profondément et à se mordiller la lèvre inférieure lorsqu'elle réfléchissait. Parfois, elle se caressait le bras avec douceur tout en parlant ou promenait son doigt sur ses lèvres pendant qu'elle écoutait. Souvent, tandis qu'elle me parlait, elle tendait le bras pour me toucher très légèrement la main. Avec Erica, elle se montrait ouvertement affectueuse. Elle lui caressait les cheveux ou lui posait avec abandon un bras sur les épaules." 

Violet, l'héroïne de Tout ce que j'aimais de Siri Hustvedt (extrait p. 69, Acte Sud, Babel, 2005). Le livre qui m'a le plus bouleversée ces dernières années. Au point de relire chaque phrase pour ne pas le dévorer trop vite. Au point de le refermer après la première phrase du deuxième chapitre, en étouffant un "NON! Pas ça, pas ça...", puis de reprendre la lecture en me disant que mon bonheur ne sera plus jamais innocent. Le refermer en souhaitant que passent rapidement plusieurs années, afin de pouvoir le relire. En fait, j'aimerais pouvoir l'ouvrir à nouveau pour la première fois. J'ai été tellement prise par Violet, Erica, Bill et Leo, que je ne situe plus du tout le contexte de la lecture, ni la période précise. Je me souviens juste l'avoir vu pour la première fois dans une jolie librairie à Montréal, été 2005.

À toi, ma V. parisienne, plein de bises en souvenir de ces cinq dernières années. C'était hier et, pourtant, il y a si longtemps déjà...

V comme...

Victorieuse
Volontaire
Vivifiante
Vraie
Voluptueuse
Valiente (parce que "courageuse", ça ne commence pas par V)

Vraiment une super(be) amie
Vivement qu'on se voit!

mardi 5 avril 2011

Les George(s) qui comptent


Chose promise, quelques pensées sur un prénom qui m'inspire systématiquement une foule de sentiments, allant de l'humour à l'élégance, en passant par la séduction, la dérision et l'intelligence. Pas un prénom rock'n roll, comme Marlon, Daan ou Johnny. Un prénom plutôt jazzy, voire ambiance de salon anglais.
George. Ou Georges.
Bon, évacuons-en d'emblée un qui n'est ni jazzy ni salon anglais (quoique l'odeur de fumée...), mais plutôt moustache et bande de copains (ce qui n'enlève rien au plaisir de fredonner ses chansons) : le Brassens.
Et puis il y a Georges le chien. Il fait miaou, il fait oink, il fait meuh, mais il n'aboie pas. Selon une note pédagogique lue récemment, il faut lire cet ouvrage aux petits en leur expliquant les "problèmes" de Georges. Moi, je crois juste que Georges, il est multilingue, ou un gosse d'expats à cheval sur quatre langues ;-) En tout cas, je dirai plutôt à mon garçon que Georges est un modèle et qu'il a bien de la chance de savoir parler la langue des chats, des vaches et des cochons.


Passons au one and only, le vrai de vrai, LE George parmi les George(s), l'incontournable Clooney. Ou le glamour dans sa tasse de café, le George de la réplique devenue culte ...


... à l'instar d'un I'll be back ou Nobody puts Baby in a corner.




D'ailleurs, lorsque j'ai rencontré récemment une maman anglaise et son rejeton, je n'ai pas pu retenir un Hello, George! lorsqu'elle m'a dit le prénom du petit. Et j'ai ri toute seule. 
Réjouissons-nous, Docteur Ross est à nouveau célibataire. Et comme commentait une internaute à la suite de cette info de premier ordre: Enfin une bonne nouvelle! Et j'ai de nouveau ri toute seule. En fait, George, c'est ça: il me fait rire.
N'oublions pas les George un peu plus extravagants et qui ont le rythme dans la peau : le blondinet en short (minute 1:10) et puis le Boy qui nous fait un super retour (merci Mark Ronson... paraîtrait qu'il prépare le retour de Duran Duran, et là je crie CHOU-ETTE!).




Mais comme tout George est certainement le Clooney de quelqu'un, je ne me moque pas. Et puis, on a tous eu un Georges dans la famille, non? Le nôtre, il peignait des tableaux de notre village ...